« Spills du ? (Tu joues ?) » : lisez l'interview du Dr. König et participez à la conférence !

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logoAusgespillt2.pngPour son 15e anniversaire, l'ASBL « Anonym Glécksspiller » organise une conférence sur le thème de l'utilisation excessive des jeux de hasard, des jeux d'argent et des jeux vidéo, le 25 septembre prochain. Dans une interview qu'il a accordé à BEE SECURE, le Dr. Andreas König, chargé de direction de l'ASBL « Anonym Glécksspiller », souligne que ce thème et sa gravité sont toujours sous-estimés dans l'opinion publique et qu'il est urgent de rattraper le retard que le Luxembourg a pris dans ce domaine. 

Quels thèmes et questions seront abordés lors de la conférence ?

« Dans un premier temps, nous souhaitons aborder les aspects légaux et structurels : quelles sont les législations qui encadrent le jeu de hasard au Luxembourg, et comment se combinent-elles avec la protection de la jeunesse ? Qu'en est-il des jeux de hasard intégrés dans les jeux vidéo, tels que les « loot boxes » (boîtes à butin) ? Un des orateurs, prenant l'Allemagne comme exemple, pose la question suivante : à quoi peut ressembler un système national d'aide pour les joueurs et comment peut-il être mis en place malgré l'opposition de l'industrie du jeu ? Dans un second temps, deux présentations aborderont le rôle du genre dans l'utilisation excessive des jeux et dans le traitement thérapeutique des victimes, car cet aspect peut facilement être observé. Et troisièmement, nous voulons attirer l'attention sur les dangers potentiels et les défis qui touchent les jeunes, mais également leurs parents, professeurs ou tuteurs. Qu'y a-t-il de nouveau et quelles sont les offres sur le marché qui dépasse maintenant les frontières grâce à Internet ? Que se passe-t-il au juste dans le cerveau lorsque ce genre de médias est utilisé de manière intensive ? Nous avons choisi nos orateurs pour donner au public une bonne compréhension générale, pour que chacun puisse profiter de la conférence. »

L'utilisation excessive de ces médias (jeux vidéo, jeux de hasard et jeux d'argent) est-elle devenue plus courante ces dernières années ? Si oui, comment pouvons-nous expliquer ce phénomène ?

« Etant donné que les recherches se basent sur diverses méthodes d'enquête à long terme, il est difficile de comprendre l'évolution exacte du taux de prévalence. Il est toutefois possible que ce phénomène se soit étendu au court des dernières années. Pour les personnes souffrant de troubles liés aux jeux, soit une dépendance réelle aux jeux vidéo, le taux de prévalence chez les jeunes se situe, selon la dernière grande analyse sur 31 pays, à 4,6%, soit presque 1 jeune sur 22. En ce qui concerne l'utilisation excessive de jeux de hasard, je ne connais pas de données de développement sur les offres en ligne. Les derniers chiffres de nos voisins de Rhénanie-Palatinat montrent toutefois que les problèmes de jeux touchent déjà 2% des mineurs de 12 à 17 ans. Ceux-ci préfèrent clairement les jeux de hasard en ligne, contrairement aux utilisateurs modérés de jeux de hasard. En outre, le taux de prévalence augmente avec l'âge du mineur. Les mineurs se situent donc au même niveau que les adultes, chez qui le taux de prévalence dans les pays voisins se situe entre 1,2 et 2%. Parmi nos clients adultes dans le domaine du jeu de hasard, le nombre de joueurs en ligne a aussi clairement augmenté. Les facteurs qui expliquent cette évolution sont un accès facile, 24h/24, depuis n'importe quel endroit, via son Smartphone, mais aussi certainement les publicités in-app pour des jeux de hasard. Ces applications gagnent beaucoup d'argent, non seulement grâce aux achats in-app, mais également grâce aux données personnelles des joueurs. Comme c'est le cas depuis longtemps dans l'industrie du jeu de hasard, l'industrie du jeu vidéo met aussi tout en œuvre pour que l'utilisateur joue le plus longtemps possible. Les jeux sont développés selon les conseils de psychologues, notamment lorsqu'ils proposent une version de base gratuite. En outre, l'industrie du jeu essaie d'augmenter son cercle d'utilisateurs en ciblant les jeunes : l'album Panini récemment paru consacré à Fortnite en est un bon exemple. »

Dans ce contexte, comment qualifiez-vous l'évolution actuelle au Luxembourg ?

« Puisque le Luxembourg ne collecte pas régulièrement de données sur le taux de prévalence, il est difficile d'interpréter ces chiffres. Cependant, les retours provenant du terrain de la part de parents, professeurs, tuteurs et autres professionnels à propos de l'utilisation excessive de jeux vidéo sont alarmants. Nous avons, par exemple, enregistré trois fois plus de consultations à ce sujet en 2018 qu'en 2017. Naturellement, se considérer soi-même ou son enfant comme un joueur à problèmes peut aussi être dû à une meilleure prise de conscience ou à un déblocage. Nous devons toutefois nous attendre à ce que cette tendance arrive jusqu'à nous. C'est passionnant de réfléchir à la manière de poser les jalons pour l'avenir et d'éviter que cette tendance ne prenne de l'ampleur. Dans le domaine des jeux de hasard en ligne, le public cible de l'industrie est de plus en plus jeune. Puisque l'offre dépasse les frontières du pays, et souvent également celles de l'UE, les possibilités de régulations sont peu appropriées. C'est pourquoi l'information et la prévention jouent un rôle important. Dans le domaine de l'utilisation excessive d'Internet et des jeux vidéo, nous sommes toujours à la traîne par rapport aux pays voisins. Or, si le Luxembourg pour des raisons compréhensibles souhaite soutenir ce domaine ou l'e-sport, il doit également soutenir la prévention en renforçant les compétences d'utilisation pour garder un équilibre. Dans de nombreux pays asiatiques, il semble que les systèmes éducatifs, sociaux et de santé souffrent de graves problèmes à cause de la croissance rapide des personnes atteintes de troubles liés aux jeux, qui dépassent lentement l'utilisation économique du secteur vidéoludique. Ici, les recherches soulignent clairement la nécessité de la prévention et d'une offre d'intervention rapide. J'espère que notre conférence entraînera une prise de conscience dans notre pays. »

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