Matinée d'informations et d'échange pour les spécialistes du secteur socio-éducatif.

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La campagne en cours de BEE SECURE s'appelle "Share Respect – Stop Online Hate Speech" et met l'accent sur le phénomène "Hate Speech". A l'occasion du lancement de la campagne, le Service National de la Jeunesse et le KannerJugendTelefon ont organisé une matinée d'informations et d'échange pour les spécialistes du secteur socio-éducatif.

Vingt représentants de structures psycho-sociales se sont donné rendez-vous dans les locaux du Forum Geesseknäppchen. Outre les représentants du ministère public, Serge Parage du service cellule anti-terrorisme de la police judiciaire et Georges Knell, psychologue auprès du KannerJugendTelefon et de la BEE SECURE Helpline et Stopline étaient également présents. La table ronde a été animée par Eric Krier, Chef de l’unité Soutien au Secteur Jeunesse auprès du Service National de la Jeunesse.

Par Hate Speech (en français, discours haineux) on entend des propos qui incitent à la haine ou à la violence contre un groupe de personnes en raison p.ex. de leur religion, leur nationalité, leur orientation sexuelle, leur genre, etc.

Au Luxembourg aussi, les poursuites pénales du Hate Speech sont réglementées par les articles 454 à 457-4 du code pénal. Ces articles représentent une restriction de la liberté d'expression pour protéger les droits des autres citoyens.

Au Luxembourg, les propos haineux peuvent être signalés anonymement en ligne via la BEE SECURE Stopline (http://stopline.bee-secure.lu). L'équipe de la Stopline vérifie chaque signalement et transfère les contenus illégaux à la police. La police mène ensuite l'enquête (détermination des délits, conservation des preuves).

Les participants de la table ronde étaient tous d'accord pour dire qu'il est, dans certains cas, difficile de différencier entre Hate Speech et liberté d'expression. Il serait alors utile d'identifier et de considérer le contexte dans lequel sont tenus les propos. L'intention de l'incitation à la haine et à la violence doit être clairement déterminée chez l'auteur.

Comme le montre la pratique de la police judiciaire, des propos discriminatoires sont régulièrement publiés sur Internet pour des raisons émotionnelles. La plupart des citoyens convoqués au commissariat se montreraient toutefois compréhensifs et regretteraient leurs propos. Cependant, il existerait également quelques cas impénitents, qui sont renvoyés devant le juge. Ces derniers mois, la presse parlait d'ailleurs régulièrement de condamnations d'auteurs de tels propos haineux.

Des discussions ressort également que le travail de prévention avec les enfants et les jeunes en matière de Hate Speech et de cyber-harcèlement joue un rôle à ne pas sous-estimer pour lutter contre ces phénomènes. Dans ce contexte, tous les acteurs de la société civile (individus, organisation, institutions, etc.) portent une part de responsabilité.