Qu'est-ce que le Hate Speech?

Par Hate Speech, ou discours haineux, nous entendons toute forme d'expression qui incite à une haine raciste, xénophobe, homophobe, religieuse, culturelle, sexiste ou discriminatoire. En résumé, nous appelons cette haine "misanthropie à l'égard de groupes" ou "incitation à la haine raciale". En font également partie les discriminations en raison de l'origine, du physique, du sexe, de la sexualité, des capacités physiques (p.ex. handicaps), de l'âge, de la religion, etc. L'intolérance concerne également le Hate Speech, tout particulièrement lorsqu'elle repose sur le nationalisme agressif, l'ethnocentrisme ou l’hostilité envers des minorités ou migrants.

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De manière générale, on utilise le terme anglais "Hate Speech". Le terme français "discours haineux" est également utilisé. Aujourd'hui, le terme anglais a trouvé sa place dans la langue française et sert de terme générique pour le phénomène de misanthropie à l'égard de groupes et d'incitation à la haine raciale. Au Luxembourg, le Hate Speech n'est pas un terme juridiquement défini, mais la discrimination, le racisme et l'incitation à la violence sont des infractions définies par le code pénal.

Nous distinguons entre le Hate Speech direct et le Hate Speech indirect. Le Hate Speech direct incite clairement à la haine ou à la violence et est donc illégal au Luxembourg. Le Hate Speech indirect semble inoffensif en apparence, mais derrière les propos se cachent toutefois la peur et l’insécurité qui virent malheureusement souvent à la haine. Pour cela, des termes aux connotations négatives et qui ont un effet discriminatoire sur les victimes sont souvent utilisés. Du fait qu'il n'y a aucune incitation directe à la haine, le Hate Speech indirect fait rarement voire jamais l'objet de poursuites pénales. Qu'il soit légal de s'exprimer n'est toutefois pas un bon argument pour un point de vue et ne signifie d’ailleurs pas qu'il ne soit pas possible de critiquer les propos.

Le Hate Speech peut également s'adresser à une seule personne : on parle de cyber-harcèlement quand une personne est la cible de harcèlements, d'humiliations ou de menaces. L'une des formes les plus graves du cyber-harcèlement est le shitstorm (littéralement "tempête de merde") qui vise souvent une seule personne. D'une part, la personne est submergée d'insultes, de menaces et de haine, d'autre part, elle ne peut plus utiliser correctement ses comptes sur les réseaux sociaux à cause de cette marée de messages injurieux. Un exemple de shitstorm organisé est le mouvement "GamerGate" qui répandait de manière ciblée de la haine envers les développeurs et critiques de jeux féministes, rendant la vie pour certaines personnes impossible. Cependant, les shitstorms ne sont pas tous organisés, la plupart s’inscrit dans une dynamique "virale", lors de laquelle certaines personnes n'arrivent pas à évaluer l'ampleur des dommages qu'ils causent.

Bien que le Hate Speech n'ait lieu "que" dans l'espace virtuel, ses conséquences sont bien réelles. En effet, les victimes du Hate Speech peuvent développer des problèmes physiques et psychiques lorsqu'elles sont exposées au Hate Speech sur Internet, ce qui peut entraîner de graves dépressions voire même des idées suicidaires. Les personnes non concernées sont elles aussi influencées par le Hate Speech : un climat de haine se développe, les inhibitions à passer à l'acte diminuent. Une autre conséquence du Hate Speech sur Internet est l'augmentation de l'acceptation de la violence physique qui se traduit par des actes de violence, des incendies criminels, etc. Les conséquences sociales du Hate Speech sont également à considérer : le racisme, l'homophobie, le sexisme sont de nouveau entrés dans les mœurs", les discriminations structurelles existantes sont renforcées. Aujourd'hui, de plus en plus de messages notamment racistes se retrouvent au cœur de la société – une évolution préoccupante !