
Les lunettes connectées, aussi appelées Smart Glasses, ressemblent souvent à des lunettes ordinaires. Elles peuvent toutefois prendre des photos, enregistrer des vidéos et du son ou utiliser des fonctionnalités d’intelligence artificielle (IA). Il n’est pas toujours possible de savoir si la caméra ou le micro sont activés, ce qui soulève de nouvelles questions en matière de vie privée et de consentement.
Que permettent les lunettes connectées ?
Les lunettes connectées associent une paire de lunettes à des fonctionnalités numériques. Selon les modèles, elles peuvent réagir à des commandes vocales et transmettre des contenus vers un smartphone, une application ou le cloud.
La principale différence par rapport au smartphone réside dans leur discrétion. Un smartphone est généralement visible dans la main, tandis que les lunettes connectées se portent sur le visage et peuvent ressembler à des lunettes ordinaires. Il peut donc être difficile pour les personnes présentes de savoir si elles sont filmées ou si leurs propos sont enregistrés.
L’autorité française de protection des données, la CNIL, alerte sur le fait que ces lunettes peuvent enregistrer l’image et le son des personnes à proximité sans qu’elles s’en rendent réellement compte. Un voyant d’enregistrement peut aider, mais il n’est pas toujours bien visible ou clairement compris. Les personnes présentes ne savent pas non plus forcément si les données sont enregistrées, transférées vers le cloud ou analysées par une IA.
Les risques dans la vie quotidienne des jeunes
Les lunettes connectées peuvent soulever destions partout où les jeunes se retrouvent : à l’école, à la maison des jeunes, dans un club de sport, lors de soirées ou entre amis. Le risque ne s’arrête pas à l’enregistrement, car les images ou les sons peuvent rapidement être partagés ou publiés en ligne.
L’usage de ces lunettes est particulièrement sensible dans les toilettes, les vestiaires, mais aussi lors des conversations privées, des moments intimes ou de situations de conflit ou de harcèlement. Ce qui peut sembler amusant sur le moment peut blesser la personne concernée ou la mettre dans une situation embarrassante.
Lorsque l’IA entre en jeu
L’IA peut notamment aider à traduire ou à décrire l’environnement. Mais elle peut également analyser les enregistrements. La reconnaissance faciale serait particulièrement sensible, car elle pourrait permettre d’identifier des personnes ou de les relier à d’autres informations. Ces fonctions ne sont pas activées sur tous les modèles, mais elles montrent pourquoi il est important de fixer des limites claires.
Quelles règles s’appliquent au Luxembourg ?
Les règles ne dépendent pas de l’appareil utilisé pour réaliser l’enregistrement. La protection des données et le droit à l’image doivent également être respectés lors de l’utilisation de lunettes connectées.
Accepter d’être filmé ou enregistré ne signifie pas consentir à la diffusion des images ou des sons captés. Une vigilance particulière s’impose lorsque des mineurs sont concernés.
Pour en savoir plus, consultez la fiche thématique consacrée au droit à l’image.
Ce que les jeunes doivent vérifier
Les bons réflexes avant d’enregistrer :
- Les autres savent-ils que la caméra ou le micro sont activés ?
- Leur ai-je demandé s’ils acceptent d’être enregistrés ?
- L’enregistrement pourrait-il blesser quelqu’un ou le mettre dans l’embarras ?
- Ai-je vraiment besoin de réaliser ou de partager cet enregistrement ?
Sans consentement clair, les enregistrements ne devraient pas être partagés ou publiés, même dans des groupes privés, des discussions de classe ou des snaps.
Ce que les parents et les professionnels peuvent faire
Les parents ainsi que le personnel enseignant et éducatif devraient considérer les lunettes connectées comme un appareil équipé d’une caméra et d’un micro. Des règles claires sont nécessaires : où peuvent-elles être utilisées ? Quand doivent-elles être éteintes ou rangées ? Dans quels lieux sont-elles interdites ? Et que faire si une personne ne souhaite pas être enregistrée ?
Les lunettes connectées ne sont pas dangereuses en soi. Elles peuvent avoir des usages utiles et créatifs. Mais comme elles permettent d’enregistrer plus discrètement, les jeunes ont besoin de repères clairs.







