Ragebait : quand l’indignation attire l’attention

ChatGPT

Sur les réseaux sociaux, certaines publications cherchent à nous faire réagir immédiatement. Colère, idignation, sentiment d’injustice : ces émotions peuvent attirer l’attention et favoriser les interactions. C’est sur mécanisme que repose le « ragebait ».

Qu’est-ce que le ragebait ?

Le terme est composé des mots anglais « rage » (colère) et « bait » (appât). Il désigne des contenus conçus pour provoquer la colère ou l’indignation afin d’attirer l’attention et de susciter des réactions.

Sur les réseaux sociaux, le ragebait peut prendre différentes formes : d’une vidéo sur le prix particulièrement élevé d’une boisson à la Schueberfouer à des publications consacrées à des sujets de société. Leur point commun : elles présentent souvent les faits de manière très poussée afin de provoquer des commentaires, des partages ou des vidéos de réaction.

Tout le monde connaît ce type de publication

Prenons l’exemple d’un influenceur qui raconte face à la caméra ce qu’il vient de vivre ou d’observer ou encore d’un compte sur les réseaux sociaux qui publie une photo, un court extrait vidéo ou présente un cas particulièrement frappant. Le tout est ensuite accompagné d’un message formulé de manière à laisser croire que ce cas particulier révèle une tendance plus générale.

Le prix très élevé d’une boisson à la Schueberfouer ne signifie pas, par exemple, que tous les prix y sont aussi élevés. De même, une expérience isolée ne permet pas de savoir à quelle fréquence une situation se produit réellement.

Ces exemples montrent qu’une publication peut relever du ragebait même lorsque le fait présenté est réel. Celui-ci peut toutefois être isolé, amplifié ou présenté sans mise en contexte.

C’est pourquoi le contexte joue donc un rôle essentiel pour interpréter correctement ce type de publication.

Pourquoi le ragebait fonctionne

La colère, l’indignation et le sentiment d’injustice peuvent fortement attirer l’attention sur une publication et pousser certaines personnes à réagir en commentant, en la partageant ou en l’envoyant à d’autres.

Ces interactions peuvent à leur tour augmenter la visibilité d’une publication sur les réseaux sociaux, notamment en favorisant sa recommandation ou son affichage auprès d’un plus grand nombre de personnes.

Un cercle peut alors se mettre en place : l’indignation entraîne des réactions, ces réactions peuvent apporter davantage de visibilité, et encourageant la reproduction des formats qui fonctionnent.

Les influenceurs et d’autres profils peuvent donc présenter certains sujets de manière simplifiée ou plus poussée. Sur les réseaux sociaux, une histoire courte et facile à comprendre est souvent plus simple à transmettre qu’une présentation détaillée qui tient compte de plusieurs points de vue.

Le fil d’actualité ne montre qu’une partie de la réalité

Lorsqu’une personne voit régulièrement des publications similaires, elle peut avoir l’impression qu’une situation se produit particulièrement souvent.

Le fil d’actualité personnalisé ne reflète cependant pas automatiquement la fréquence réelle d’un phénomène dans la société. Les systèmes de recommandation prennent notamment en compte les centres d’intérêt, les habitudes de visionnage et les interactions passées.

Certains sujets peuvent ainsi être beaucoup plus présents que d’autres dans le fil d’actualité. Pour les jeunes, il est donc important de se demander non seulement si une information est correcte, mais aussi comment elle est présentée et dans quel contexte elle s’inscrit.

Remettre une publication dans son contexte

Une publication qui provoque immédiatement une forte colère n’est pas forcément fausse. Quelques questions supplémentaires peuvent toutefois aider à mieux l’interpréter.

BEE SECURE recommande de se poser trois questions :

  1. Qui est à l’origine de cette information ?
  2. La source est-elle fiable ?
  3. Que disent d’autres sources à ce sujet ?

Une courte recherche dans d’autres sources peut déjà aider. Les chatbots basés sur l’intelligence artificielle (IA) peuvent aussi proposer d’autres points de vue, des contre-arguments ou des termes de recherche adaptés. Comme l’IA peut également fournir des informations erronées, les résultats doivent toujours être comparés avec d’autres sources.

Les parents et le personnel enseignant et éducatif peuvent analyser ce type de publication avec les jeunes. Il peut être utile de commencer par observer la manière dont le contenu est construit et de repérer les informations présentées ou, au contraire, laissées de côté.

Une dernière question peut aider à prendre du recul :

Pourquoi cette histoire a-t-elle été racontée de cette manière, et quelles informations manquent encore pour pouvoir la remettre dans son contexte ?